Perdre quelques cheveux chaque jour est tout à fait normal. Mais lorsque la chute devient plus importante, que la chevelure semble moins dense ou que la raie s’élargit progressivement, il est légitime de se demander ce qui se passe.
Chez la femme, la chute de cheveux peut avoir de nombreuses origines : changements hormonaux, fatigue, stress, alimentation déséquilibrée, carence en fer ou encore certaines périodes particulières de la vie comme la grossesse, le post-partum ou la pré-ménopause.
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) peut également être associé à des modifications de la chevelure chez certaines femmes.
Les cheveux peuvent ainsi être considérés comme l’un des éléments reflétant l’équilibre général de l’organisme.
Dans cet article, découvrons pourquoi les hormones peuvent influencer la santé du cheveu et quels facteurs peuvent être intéressants à prendre en compte, notamment en micronutrition.

Pourquoi les hormones peuvent-elles influencer la chute de cheveux ?
Le follicule pileux est sensible aux variations hormonales et à l’état général de l’organisme.
Certaines périodes de la vie féminine sont donc particulièrement propices à des modifications du cycle capillaire : grossesse, période qui suit l’accouchement, pré-ménopause ou encore certaines situations hormonales comme le SOPK.
La chute de cheveux n’apparaît d’ailleurs pas forcément immédiatement après un événement déclencheur. Il peut exister un décalage de plusieurs semaines ou plusieurs mois entre le facteur qui fragilise l’organisme et l’apparition de la chute.
On parle notamment d’effluvium télogène, une chute diffuse et réactionnelle qui peut être favorisée par différents événements : stress important, maladie, perte de poids, grossesse, changements hormonaux ou encore certaines carences nutritionnelles.
Il est donc essentiel de rechercher le contexte dans lequel la chute est apparue plutôt que de se concentrer uniquement sur le cheveu.
Chute de cheveux après l’accouchement : un phénomène fréquent
La chute de cheveux post-partum est très fréquente et peut parfois être impressionnante pour les jeunes mamans.
Pendant la grossesse, les modifications hormonales favorisent le maintien d’un plus grand nombre de cheveux dans leur phase de croissance. Après l’accouchement, la diminution des hormones de grossesse peut entraîner le passage simultané de nombreux cheveux vers leur phase de repos, avant leur chute.
La maman peut alors retrouver davantage de cheveux sur son oreiller, dans la douche ou sur sa brosse.
Cette chute apparaît généralement quelques mois après l’accouchement et peut donner l’impression de perdre énormément de cheveux en peu de temps.
Dans la majorité des situations, le cycle capillaire retrouve progressivement son équilibre.
Mais le post-partum est aussi une période particulièrement exigeante pour l’organisme : manque de sommeil, fatigue, stress, alimentation parfois irrégulière, allaitement éventuel ou besoins nutritionnels plus importants peuvent s’ajouter aux changements hormonaux.
C’est pourquoi une approche globale peut être intéressante.
Pré-ménopause : pourquoi les cheveux peuvent-ils changer ?
La pré-ménopause, également appelée périménopause, correspond à une période de transition hormonale avant la ménopause.
Durant cette période, les hormones sexuelles peuvent fluctuer et entraîner différents changements : cycles menstruels irréguliers, modification du sommeil, fatigue, bouffées de chaleur ou encore changements de la peau et des cheveux.
Certaines femmes constatent alors que leur chevelure devient plus fine, moins volumineuse ou qu’elles perdent davantage de cheveux.
Mais il serait réducteur d’attribuer systématiquement une chute de cheveux aux seules hormones.
À cette période, d’autres facteurs peuvent intervenir simultanément : stress, sommeil insuffisant, alimentation, vieillissement naturel du cheveu ou encore réserves en fer diminuées, notamment lorsque les règles deviennent plus abondantes ou irrégulières.
Une vision globale permet donc de mieux comprendre la situation.
SOPK et chute de cheveux : quel lien ?
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est un trouble hormonal qui peut notamment s’accompagner d’une augmentation de l’activité androgénique chez certaines femmes.
Lorsque les androgènes jouent un rôle important, une diminution progressive de la densité capillaire peut apparaître, notamment sur le dessus du crâne.
La raie peut alors sembler progressivement plus large et la chevelure moins dense.
Cependant, toutes les femmes présentant un SOPK ne connaissent pas nécessairement de chute de cheveux.
Comme pour les autres situations hormonales, plusieurs facteurs peuvent également être associés.
Une chute de cheveux chez une femme présentant un SOPK mérite donc une approche individualisée permettant de prendre en compte le contexte hormonal, l’alimentation, le stress et les éventuels facteurs nutritionnels.
Stress chronique et chute de cheveux : un cercle parfois difficile à rompre
Le stress fait partie de notre quotidien. Mais lorsqu’il devient chronique, il peut avoir des répercussions sur l’ensemble de l’organisme.
Un stress important ou prolongé peut notamment favoriser une chute réactionnelle des cheveux chez certaines personnes.
Le phénomène peut être décalé dans le temps : la chute peut apparaître plusieurs semaines après une période particulièrement stressante.
On peut alors facilement avoir l’impression que la chute est apparue « sans raison ».
Le contexte des derniers mois est pourtant particulièrement intéressant à explorer.
Le stress peut également s’accompagner de fatigue, de troubles du sommeil, d’une alimentation moins équilibrée ou d’une diminution de l’appétit.
On peut alors entrer dans un véritable cercle :
stress → sommeil perturbé → fatigue → alimentation moins équilibrée → organisme fragilisé → chute de cheveux → inquiétude → davantage de stress.
Dans ce contexte, prendre uniquement soin du cheveu de manière externe ne suffit pas toujours.
Le sommeil, l’alimentation, la récupération et la gestion du stress sont également des éléments à prendre en considération.
Chute de cheveux et micronutrition : quels nutriments surveiller ?
La croissance du cheveu nécessite différents nutriments.
Une alimentation variée, suffisamment riche en protéines, vitamines et minéraux constitue donc la première base pour soutenir la santé capillaire.
Dans certaines situations, il peut être intéressant de rechercher une insuffisance ou une carence nutritionnelle avant d’envisager une supplémentation.
Le fer
Le fer est particulièrement important chez la femme.
Les menstruations, notamment lorsqu’elles sont abondantes, peuvent contribuer à diminuer progressivement les réserves en fer.
Une insuffisance en fer peut être associée à une chute de cheveux.
Il n’est cependant pas conseillé de prendre du fer systématiquement sans savoir si les réserves sont réellement insuffisantes.
Lorsque la situation le justifie, un professionnel de santé peut proposer un bilan sanguin afin d’évaluer notamment le statut martial.
Le zinc
Le zinc intervient dans de nombreuses fonctions de l’organisme et contribue notamment au maintien de cheveux normaux.
Il est naturellement présent dans différents aliments, notamment les fruits de mer, les viandes, les œufs, certaines graines et les oléagineux.
Une supplémentation peut être intéressante dans certaines situations, mais elle doit être adaptée aux besoins et tenir compte des autres compléments éventuellement consommés.
La biotine
La biotine, également appelée vitamine B8, contribue au maintien de cheveux normaux.
Elle est présente naturellement dans différents aliments.
Comme pour les autres micronutriments, une supplémentation n’est pas systématiquement nécessaire lorsque l’alimentation apporte suffisamment de biotine.
La silice
La silice est fréquemment utilisée dans les compléments destinés à la beauté des cheveux et des ongles.
Certaines plantes, comme la prêle ou l’ortie, sont notamment traditionnellement utilisées dans ce contexte.
Là encore, l’objectif n’est pas d’accumuler les compléments, mais de choisir une approche cohérente avec les besoins de la personne.
En micronutrition, plus n’est pas forcément mieux.
L’idéal est de rechercher les éventuels besoins avant de multiplier les produits.
Et si plusieurs facteurs étaient impliqués ?
C’est probablement l’un des points les plus importants lorsqu’une femme consulte pour une chute de cheveux.
Il n’existe pas toujours une seule cause.
Prenons l’exemple d’une femme en pré-ménopause qui traverse une période particulièrement stressante.
Elle peut simultanément :
- connaître des fluctuations hormonales ;
- avoir des cycles irréguliers ;
- avoir des règles plus abondantes ;
- présenter des réserves en fer diminuées ;
- dormir moins bien ;
- être particulièrement stressée ;
- modifier son alimentation ;
- ressentir davantage de fatigue.
Tous ces éléments peuvent potentiellement se combiner et participer à une modification du cycle capillaire.
Chercher une cause unique peut donc être réducteur.
Une approche globale consiste plutôt à regarder l’ensemble du contexte de vie et de santé de la personne.
Mon coup de cœur : Luxéol
Parmi les marques spécialisées dans la beauté et la santé des cheveux, Luxéol fait partie de mes coups de cœur.
J’apprécie notamment certaines de leurs formules qui associent différents actifs et micronutriments autour de problématiques spécifiques liées aux cheveux.
Selon les références, on peut notamment retrouver des ingrédients comme le zinc, la biotine, le sélénium ou encore différents actifs végétaux.
Ce type de complément peut trouver sa place dans une démarche globale lorsque sa composition correspond aux besoins de la personne.
Il ne s’agit toutefois pas d’un traitement de la chute de cheveux ni d’une solution universelle.
Avant de choisir un complément, il est important de regarder sa composition et d’éviter de cumuler plusieurs produits contenant les mêmes vitamines ou minéraux.
Cette mention correspond à mon avis personnel et à un coup de cœur, et ne constitue pas un partenariat commercial avec la marque.
Que faire en cas de chute de cheveux importante ?
Lorsque la chute devient inhabituelle, importante ou persistante, il est préférable de chercher à comprendre son origine.
Plusieurs éléments peuvent être intéressants à prendre en compte :
- Depuis quand la chute a-t-elle commencé ?
- Est-elle diffuse ou localisée ?
- Y a-t-il eu un accouchement récent ?
- Les règles sont-elles abondantes ou ont-elles changé récemment ?
- Une période de pré-ménopause est-elle possible ?
- Existe-t-il un SOPK ou un autre contexte hormonal particulier ?
- Une période de stress important a-t-elle précédé la chute ?
- Le sommeil est-il suffisamment récupérateur ?
- L’alimentation a-t-elle changé ?
- Une perte de poids récente a-t-elle eu lieu ?
- Quels médicaments et compléments sont actuellement pris ?
- Existe-t-il des antécédents familiaux de chute de cheveux ?
Selon la situation, un professionnel de santé pourra également rechercher une cause médicale ou nutritionnelle.
Une chute progressive avec une diminution importante de la densité, une perte de cheveux par plaques, des démangeaisons, des douleurs ou des anomalies du cuir chevelu doivent notamment conduire à demander un avis médical ou dermatologique.
Identifier la cause est la première étape pour pouvoir agir de manière adaptée.
En naturopathie, une approche globale du terrain
La naturopathie ne se substitue pas à un diagnostic médical ni à un traitement lorsque celui-ci est nécessaire.
Elle peut cependant s’inscrire dans une démarche globale autour de l’hygiène de vie, de l’alimentation et de l’équilibre nutritionnel.
Lors d’un accompagnement, différents aspects peuvent être explorés :
- l’alimentation et les apports nutritionnels ;
- le rythme de vie ;
- le sommeil et la récupération ;
- le niveau de stress ;
- les habitudes quotidiennes ;
- les périodes hormonales particulières ;
- les compléments alimentaires déjà utilisés.
L’objectif n’est pas simplement de « faire repousser les cheveux », mais de comprendre dans quel contexte la chute apparaît et quels leviers d’hygiène de vie peuvent être améliorés.
Parce que prendre soin de ses cheveux, c’est aussi prendre soin de soi dans sa globalité.
À retenir
La chute de cheveux chez la femme peut avoir de nombreuses origines et les hormones peuvent jouer un rôle important à différentes périodes de la vie.
Le post-partum, la pré-ménopause et certaines situations comme le SOPK peuvent modifier le cycle capillaire.
Le stress chronique, la fatigue, les changements alimentaires et certaines insuffisances nutritionnelles peuvent également participer à une chute de cheveux.
Avant de multiplier les compléments alimentaires, il est donc préférable de chercher à comprendre pourquoi les cheveux tombent.
Une alimentation variée, une bonne hygiène de vie, une attention portée au sommeil et au stress ainsi que la correction d’une éventuelle carence identifiée constituent des bases importantes pour prendre soin de sa santé capillaire.
Et lorsque la chute vous préoccupe ou persiste, n’hésitez pas à demander un avis professionnel afin d’en rechercher la cause.
